La progression française est basée sur le système de ceintures. Cette page retrace comment la progression et le système de ceintures ont évolué, de la première progression de 1967 à la progression de 2019.
Les grandes étapes de la progression française
| Année | Étape | Ce qui change |
|---|---|---|
| 1967 | Première progression française | Mise au point par la FFJDA : dénominateur commun de l’enseignement dans les dojos de l’Hexagone et base des passages de grades, du débutant à la ceinture noire. |
| 1979 | Approche pédagogique | Parution de « L’approche pédagogique des 6/9 ans et 13/15 ans » par Claude Fradet. |
| 1989 | Nouvelle progression française | Un cadre général par niveau de ceinture, des étapes intermédiaires avec les ceintures bicolores : 9 niveaux pour 9 ans de pratique. |
| 1998 | Éveil judo | Nouvel outil pédagogique « L’éveil judo des 4-5 ans » (auteur : FFJDA) ; introduction des ceintures blanche 1 liseré et blanche 2 liserés. |
| 2010 | E-learning fédéral | Mise à disposition de documents pédagogiques en ligne. |
| 2014 | Nouveaux contenus | En janvier 2014, la FFJDA publie de nouveaux contenus pédagogiques avec Jean-Paul Ramillon. |
| 2019 | Nouvelle progression française d’enseignement du judo-jujitsu | Une réactualisation pour « un contexte nouveau » : 12 niveaux, suppression des ceintures à liseré, âge plancher de 4 ans. |
Première progression française, 1967
- Mise au point par la FFJDA en 1967.
- Dénominateur commun de l’enseignement dans les dojos de l’Hexagone, ainsi que base des passages de grades du débutant à la ceinture noire.
Les techniques exigées pour chaque ceinture, telles qu’elles figuraient dans la progression de 1967 :
Ceinture blanche
| Nage waza (projections) | Katame waza (contrôles) |
|---|---|
| O goshi | Hon gesa gatame |
| Ippon seoi nage | Yoko shio gatame |
| O soto gari | Ushiro gesa gatame |
| De ashi gari | Kami shio gatame |
| Hiza guruma | Tate shio gatame |
| Uki goshi |
Ceinture jaune
| Nage waza (projections) | Katame waza (contrôles) |
|---|---|
| Tsuri komi goshi | Kata gatame |
| Sode tsuri komi goshi | Kusure kesa gatame |
| Haraï goshi | Kusure yoko shio gatame |
| Morote seoi nage | Makura gesa gatame |
| Sasae tsuri komi ashi | Kusure kami shio gatame |
| Ko uchi gari | Kusure tate shio gatame |
| O uchi gari |
Ceinture orange
| Nage waza (projections) | Katame waza (contrôles) |
|---|---|
| Taï otoshi | Kusure yoko shio gatame |
| Okuri ashi baraï | Kusure makura gesa gatame |
| Koshi guruma | Kusure kami shio gatame |
| Hane goshi | Kusure tate shio gatame |
| Uchi mata | |
| Ko soto gari |
Ceinture verte
| Shime waza (étranglements) | Nage waza (projections) |
|---|---|
| Kata juji jime | Kata guruma |
| Gyaku juji jime | Tomoe nage |
| Nami juji jime | Ko soto gake |
| Morote jime | Uki otoshi |
| Hadaka jime | Ashi gatame |
| Okuri eri jime | |
| Sode guruma | |
| Kata ha jime | |
| Ashi gatame | |
| Kata te jime |
Ceinture bleue
| Nage waza (projections) | Kansetsu waza (clés) |
|---|---|
| O guruma | Ude garami |
| O soto otoshi | Juji gatame |
| Soto maki komi | Ude gatame |
| Haraï tsuri komi ashi | Hiza gatame |
| Uki waza | Waki gatame |
| Hara gatame |
Ceinture marron
| Nage waza (projections) | Nage waza (suite) |
|---|---|
| Yoko otoshi | Morote gari |
| Utsuri goshi | Kami basami |
| Yoko guruma | Seoï otoshi |
| Ushiro goshi | Hikikomi gaeshi |
| Te guruma | Sukui nage |
| Sumi gaeshi | O soto guruma |
| Tani otoshi | Yoko wakare |
| Hane maki komi | Ura nage |
| Sumi otoshi | |
| Yoko gake |
1979 : parution de « L’approche pédagogique des 6/9 ans et 13/15 ans » par Claude Fradet.
Nouvelle progression française, 1989
Les limites de la précédente progression (1967) se firent sentir à la fin des années 80, avec la prise de conscience de l’évolution du public judo. Elle ne constituait pas une progression mais une nomenclature (succession de prises). Elle ne prenait pas en compte certaines évolutions de l’activité : le système des grades proposé n’était plus adapté à l’âge de début dans la pratique.
- Plus de 70 % des pratiquants ont moins de 15 ans.
- L’âge moyen du début de la pratique se situe vers 6 ans.
- Le système d’alors, conçu pour des adultes, rend difficile une gradation harmonieuse des pratiquants (5 grades pour 9 années de pratique).
Ces éléments ont incité les responsables techniques français à porter un regard nouveau sur les méthodes et les outils d’une progression qui se devait de rester vivante et dynamique, ainsi que, par voie de conséquence, sur le système des grades traditionnellement proposé.
C’est pourquoi a été défini, pour chaque niveau de ceinture, un cadre général avec la notion d’un minimum exigible (au niveau des connaissances techniques), enrichi à l’initiative de l’enseignant au rythme de la créativité de chaque judoka. Ces nouvelles directions de travail sont jalonnées par des étapes intermédiaires, matérialisées par l’apparition de nouvelles couleurs de ceintures : les ceintures bicolores. Ce nouveau système de grades propose un objectif annuel pour un judoka débutant âgé de 6 ans, soit 9 niveaux pour 9 ans de pratique.
De 1998 à 2014 : éveil judo, e-learning, nouveaux contenus
- 1998 : nouvel outil pédagogique « L’éveil judo des 4-5 ans » (auteur : FFJDA). Introduction des ceintures blanche 1 liseré et blanche 2 liserés.
- 2010 : mise à disposition de documents pédagogiques en ligne via l’e-learning fédéral.
- Janvier 2014 : la FFJDA publie de nouveaux contenus pédagogiques avec Jean-Paul Ramillon.
Nouvelle progression française d’enseignement du judo-jujitsu, 2019
Une réactualisation pour « un contexte nouveau » : la nouvelle progression française a voulu être simple et épurée afin d’être la plus compréhensible pour tous. Voici comment elle se présente.
Avant-propos : 5 articles qui donnent le cadre de cette progression
Article 1 : devenir ceinture noire, puis être ceinture noire
Explicatif décliné en 3 points.
Les objectifs : sei ryoku zen yo (utilisation optimum de l’énergie) ; jita kyoei (entraide et prospérité mutuelle) ; ju no ri (principe d’adaptation) ; shin (esprit et culture), gi (connaissance technique), tai (le corps).
Les compétences de la ceinture noire : connaissances techniques ; efficacité objective ; savoir se défendre contre une agression ; participer au développement de la discipline.
Les compétences à acquérir : acquérir et utiliser les compétences – savoir, savoir-être, savoir-faire.
Article 2 : méthode et progression
12 niveaux, suppression des ceintures à liseré (entrée de la verte et bleue et de la bleue et marron). 2 points développés :
- 3 périodes de la ceinture blanche à la noire : initiation, perfectionnement global, perfectionnement individualisé ;
- âge plancher et grades (âge plancher de 4 ans inscrit dans la progression).
Article 3 : sécurisation de la pratique et santé
4 points développés dans ce chapitre :
- sécurisation par l’ukemi (la chute) : savoir et savoir faire chuter ;
- sécurisation par la maîtrise (posture et contrôle) ;
- sécurisation par la connaissance des publics : référence du professeur au pack pédagogique édité par la FFJDA, production de fiches conseil par rapport aux personnes en situation de handicap ;
- sécurisation par la préparation du corps, le taïso : méthode de préparation du corps à la pratique du judo-jujitsu. La priorité est le « bien-être » et le « sport santé » : cardio, gainage, motricité, coordination, renforcement musculaire.
Article 4 : apprendre en situation
Deux points développés : le principe d’action-réaction ; les opportunités.
Article 5 : les geiko, travail de coordination, coopération, opposition
Trois points sont développés : le travail seul (tandoku renshu) ; le travail à deux (uchi-komi, nage-komi, kakari-geiko, yakusoku-geiko, randori) ; les situations tests et les kata.
Principes et techniques : 5 articles
Article 1 : nage-waza
Trois points sont développés : la mobilité ; le déséquilibre ; les saisies, les gardes et postures. S’y ajoutent : principes et sécurité (cf. objectifs ceinture noire dans l’avant-propos) ; contenus par grade (analyse de la première progression, bilan) ; déséquilibre, point d’appui, orientation des forces, contrôle des rotations.
Article 2 : principes de liaison debout-sol
Développement de la notion de continuité.
Article 3 : ne-waza
Neuf points sont développés : enseignement du judo au sol (katame waza) ; exercices de coordination et de mobilité ; principes de contrôle : kesa et shiho ; défenses et principes de sortie d’immobilisation ; les situations d’étude : les positions de tori et de uke ; construire ses exigences ; principes de sortie d’immobilisation ; principes de sortie et techniques d’étranglement et de clé ; techniques de katame waza.
Article 4 : judo, jujitsu et self-défense
Définition du judo, du jujitsu et de la self-défense. Cinq points sont développés : principes ; atemi waza ; les points vitaux ; les saisies et les atemi de base ; les parades.
Article 5 : culture et arbitrage
Quatre points sont développés : le code moral, une invention française ; l’attitude judo ; environnement et règles ; annexe (lexique japonais, programmation, la séance, tableaux récapitulatifs par ceinture).
Culture judo

